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flecheHistoire

Les premiers habitants de la région de Kaw étaient des amérindiens. Les vestiges d'un village, sur la montagne Favard, ont été découverts, tels que des charbons de bois, des morceaux de poteries ou des restes d'outils lithiques, ainsi qu'une roche métamorphique gravée témoins de cette occupation. Le village, au sommet de la colline, était sécurisé grâce à un système défensif appelé « éperon barré ». Ainsi, l'arête d'accès au village, est coupée dans sa partie la plus étroite par un fossé large d'une dizaine de mètre, long de 25 mètres et de 1,60 mètres de profondeur. Ce fossé est interrompu sur 3 mètres de large. Cette entrée unique permettait ainsi aux amérindiens de canaliser l'accès au village et donc de se protéger contre les envahisseurs d'autres tribus. Des tessons de poteries trouvés dans ce fossé ont été datés au carbone 14 à 170 - 380 ans après J.C. (DRAC, 1995).

Jusqu'à la période coloniale, les amérindiens étaient les seuls habitants de la région.

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Occupation coloniale

En 1596, le premier européen, le capitaine Keymis, arrive dans la région de Kaw et rencontre, sur l'Approuague la tribu amérindienne Caribs et, sur la rivière de Kaw, la tribu Yaos, appartenant toutes deux au groupe ethnique Galibis. Les premières implantations coloniales sonnent le début du déclin des amérindiens qui sont soumis au commerce de traite et décimés par les maladies européennes. Pour des raisons religieuses et pour permettre une meilleure maîtrise, les populations amérindiennes ont été sédentarisées.

La région de Kaw est colonisée à partir du XVIII siècle. L'administrateur Lescalier interdit l'exploitation des amérindiens dans les années 1786-89. Des centaines d'esclaves africains sont amenés dans la région afin d'effectuer les aménagements des plantations. Les «terres hautes », correspondant aux collines, étaient utilisées pour la culture itinérante sur brûlis de vivres, cacao et de café. Le lamentin (Trichetus manatus) était chassé, salé et exporté sur Cayenne. En 1776, Louis XVI envoya en Guyane Malouet, jeune missionnaire général de la Marine, afin de proposer les perspectives de développement de cette colonie. Ce dernier recommande l'exploitation des « terres basses », c'est-à-dire les zones marécageuses.

L'épuisement des « terres hautes » a été un facteur déterminant pour leur abandon. Afin d'assécher les marais, Malouet fait appel au Suisse Samuel Guisan, ingénieur agraire et hydraulique en Guyane hollandaise, qui poldérise les rives de l'Approuague, de la Courouaïe et de la rivière de Kaw. Les plantations étaient de grandes habitations qui pouvaient abriter jusqu'à 200 personnes. On cultive du café, du coton, des vivres, de l'indigo et parfois du roucou sur les « terres basses ». Le roucouyer est un arbuste dont les graines rouges étaient utilisées pour la fabrication de teinture pour les étoffes. Pigment alimentaire naturel, il était également utilisé pour teindre les fromages hollandais. La canne à sucre était produite sur l'habitation « Collège ». Le canal Roy, rejoignant la rivière de Kaw à l'Approuague (7 Km), dont la construction débute vers 1785, a été creusé par les esclaves et s'inscrivait dans un aménagement fluvial afin de transporter les marchandises des exploitations de l'Approuague vers Cayenne sans passer par la mer en évitant ainsi une navigation dangereuse. En effet, le canal Torcy, au départ du Mahury et au niveau des polders Mariannes, creusé également à cette même époque, devait rejoindre le canal Roy. Il était prévu une colonisation agricole de part et d'autre de ce canal. L'abolition de l'esclavage empêcha les colons de réaliser ce projet La révolution française provoqua l'exil des colons nobles, nombreux dans la région, et l'abandon des habitations. La première abolition de l'esclavage en 1794 participa également à la fragilisation des exploitations.

Au XIXe siècle, les exploitations renaissent largement favorisées par le rétablissement de l'esclavage en 1802. Contrairement au siècle précédent, la canne à sucre devient la culture dominante à cette époque. Divers épices, comme le poivre ou la vanille, font également l'objet de cultures. En 1819, le baron Laussat installe 200 ressortissants chinois afin de développer la culture de thé. L'expérience échoue en quelques mois car le travail était considéré comme impossible car trop coûteux par les chinois qui demandèrent de quitter la région. L'abolition de l'esclavage en 1848, met fin aux exploitations agricoles.

Devant le désaccord des esclaves affranchis avec les anciens maîtres concernant le système salarial proposé, ceux-ci préfèrent partir et s'installer sur les «terres hautes ». Le village de Kaw, situé sur un îlot sableux au milieu du marais, fut créé par les esclaves émancipés de cette région.

Les bambouseraies des collines bordant la rivière de Kaw matérialisent les anciennes habitations des colons. Les bambous étaient utilisés pour la fabrication de canaux d'irrigation, afin d'emmener l'eau dans les maisons et permettaient également de signaler aux embarcations le canal d'entrée pour accéder à l'habitation.

Au début du siècle, l'accès au village de Kaw se faisait soit par la mer, soit en empruntant un chemin forestier entre le parking actuel de Kaw et le bourg de Roura. Dans les années 80, suite à un naufrage dramatique qui a décimé une partie d'une famille de Kaw, un chemin carrossable (CD6) a été construit. Goudronnée dans les années 90, cette route a facilité l'accès à Kaw, a entraîné une augmentation de sa fréquentation et facilité l'exode de la population vers Cayenne.

Le village de Kaw est habitée aujourd'hui par une cinquantaine de personnes, vivant essentiellement du RMI, d'emplois municipaux, de la pêche et du tourisme en plein essor. La population est d'origine créole, brésilienne et surinamaise.

 

 

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